La découverte de la Dacie romaine – une aventure intellectuelle

27 janvier 2018
        à 16h30

 

M. Radu ARDEVAN,  professeur d’histoire ancienne à l’Université «Babeş-Bolyai» de Cluj-Napoca (Roumanie) 

 Résumé                                                                          

          Notre exposé essaye d’ébaucher l’évolution des connaissances sur la province romaine de Dacie, en suivant la vision des savants et de la culture – nationale et européenne – sur quelques questions essentielles : le territoire et l’organisation, l’administration, le système militaire, la société, la colonisation, la culture et les religions, l’urbanisme, les survivances indigènes et la romanisation. Des informations nécessaires sont à trouver dans la littérature savante, et dans les œuvres de vulgarisation également (y compris les manuels scolaires). Il s’agit d’une préoccupation qui fait preuve d’un esprit scientifique européen, donc d’un étalon d’appartenance au développement continental.  

          Bien sûr, il faut tenir compte du niveau culturel de chaque période, tout comme de la situation politique et idéologique du moment. Mais il ne faut pas oublier non plus qu’il s’agit de l’apport de trois cultures modernes qui se côtoient dans l’espace de l’ancienne Dacie – allemande, hongroise et roumaine.

          On peut dissocier six grandes périodes historiographiques, chacune avec ses traits spécifiques. Elles s’ensuivent comme cela: le Bas Moyen-Âge et la modernité précoce, l’époque des Lumières et le romantisme incipient, la seconde moitié du XIXe siècle, le temps d’entre les deux guerres, l’époque communiste (comportant trois sous-divisions) et la période post-communiste. Dès la deuxième période, tout progrès scientifique du domaine dépend surtout de la recherche développée dans la Dacie même, par les savants du pays, et on s’attarde sur l’œuvre de quelques personnalités de pointe.

Il faut noter les efforts et les résultats obtenus, ainsi que les limites et les erreurs survenues, et dévoiler leurs ressorts. Mais le dialogue entre la science du domaine et les médias sociaux (y compris l’école) est toujours resté déficitaire. C’est pareil pour l’insertion des résultats de la recherche interne dans le grand circuit international. Comprendre les causes de ce retard et les modalités de le surmonter reste un devoir d’actualité.     

 

Radu ARDEVAN – CV

 

Radu Ardevan (n. 1951) est professeur d’histoire ancienne à l’Université « Babeş-Bolyai » de Cluj-Napoca (Roumanie). Diplômé de cette même université, il travaille d’abord comme archiviste (1974-1979) puis archéologue au Musée d’Histoire de Cluj-Napoca (1979-1992) avant de devenir maître de conférences à l’Université, dpt. d’histoire ancienne et depuis 2013 professeur dans la même institution.

Ses recherches se déroulent surtout sur l’épigraphie et l’histoire sociale des provinces romaines danubiennes, mais elles impliquent aussi la numismatique antique et l’archéologie romaine provinciale. Maintes fois professeur invité dans plusieurs universités européennes, il est l’auteur ou co-auteur de 6 livres, a produit plus de 150 contributions scientifiques, imprimées en roumain, français, anglais, allemand et italien et a participé à environ 60 congrès et symposia scientifiques internationaux. Le professeur R. Ardevan est lauréat du prix de l’Académie Roumaine (2000) et de l’Université (2009). Cours universitaires d’épigraphie latine, numismatique antique, histoire ancienne, histoire sociale du monde antique.

Principales publications : La vie municipale dans la Dacie romaine, Timişoara 1998, (en roumain) ; Le trésor monétaire romain „Apulum VII”, Alba Iulia 2003 (en roumain, collaboration); La Dacia romana, Soveria Manelli 2007 (collaboration); Aus der Militärgeschichte des römischen Dakien. Das römische Binnenkastell von Gherla, Timişoara 2008 (collaboration); Storia romana. Dal 753 a.C. al 565 d.C., Milano – Torino 2011 (collaboration).